page
précédente
sommaire
Le
type "Groupe" des colonies
Avant
1855, les colonies affranchissent le courrier avec des timbres métropolitains
du moins pour celles qui en disposent. Les autres font payer le port en
numéraire. Une exception cependant: La Réunion qui, en 1852, fabrique et
utilise des timbres locaux (comme nous l'avons vue dans timbroscopie
1861-1870 "Les précurseurs"). A partir de
1859-1860, apparaissent les "Aigles", timbres spécialement conçus
pour les colonies. C'est à la même époque que la Nouvelle-Calédonie,
suivant en cela l'exemple de La Réunion, émet le fameux Triquerat.

Triquerat,
bloc de 4, bord de feuille, vente sur offre BEHR, mise à prix 850 € en 2005
Des
émissions locales...
Après
la guerre de 1870 qui signe la déchéance de l'empire, la métropole envoie
des "Napoléon" non dentelés qu'elle ne veut plus utiliser.
Ensuite, les colonies reçoivent les mêmes timbres que ceux utilisés en
métropole, Cérès de 1872, type "Sage", mais toujours non
dentelés. Une manière de les différencier. Et cela jusqu'en 1881.
Bien
entendu, les colons et les employés des Postes des Colonies ne comprennent
pas qu'on leur refuse les bienfaits de la dentelure qui évite l'usage de la
paire de ciseaux et expriment leurs doléances à Paris. Ils sont finalement
écoutés et les bureaux coloniaux se voient approvisionnés dès 1881, en
timbres dentelés du type "Déesse assise", les fameux "Alphée
Dubois".
Tout
semblait fonctionner sans heurt dans le meilleur des mondes lorsqu'arrivent
les premières surcharges...
Ces
provisoires bien innocents - du moins à l'origine - sont dus à des retards
d'approvisionnement ou à des pénuries de certaines valeurs très utilisées.
Dès
qu'ils sont connus des collectionneurs, ces provisoires sont l'objet de
demandes effrénées. Certaines valeurs peuvent multiplier la valeur faciale
par 10, quelques mois seulement après leur apparition sur le marché !
Les
gouverneurs coloniaux découvre en même temps quelle mine d'or représentent
tous ces philatélistes. Dès lors, ils ne se privent plus de signer des
décrets autorisant des surcharges... même lorsqu'elles ne sont pas
nécessaires. D'autant que certains, ainsi que des receveurs des Postes, ne
sont pas insensibles aux cadeaux prodigués par certains négociants
parisiens.
...au
trafic des monnaies
La
seconde raison majeure qui motive l'émission de nouveaux timbres coloniaux
est liée à la spéculation sur les cours de change. En effet, un achat de
timbres réalisé dans une colonie d'extrème-orient peut rapporter 25%de
bénéfices par la simple revente aux Antilles (Martinique et Guadeloupe).
La
presse se fit l'écho de ces scandales soulignant que, devant un tel
phénomène (la passion des collectionneurs), les timbres coloniaux pouvaient
rapporter " jusqu'à plusieurs millions dès la première année".
Cette évaluation, probablement très optimiste, sert d'argument à
l'Administration pour doter chaque Colonie d'une série particulière.
Exclusivement
coloniaux
Dans
un premier temps, le Ministre ordonna la surcharge des timbres en stock dans
chaque Colonie, surcharge qui devait comporter le nom du territoire. Cette
mesure, qui visait à réprimer les fraudes sur le change, ne fut pas
exécutée partout.

Dès
1890, M. Eugène Etienne, sous-secrétaire d'État aux Colonies, par une
circulaire du 15 février, demandait à tous les gouverneurs leur sentiment
sur la substitution à l'émission générale en cours, d'émissions qui
fussent propres à chaque établissement.
Tous
les gouverneurs de Colonies acceptèrent le projet.
Une
circulaire fut adressée aux receveurs coloniaux. Suivit un rapport basé sur
une série d'entretiens réalisés par l'ingénieur-conseil de la fabrication
des timbres auprès de diverses personnalités de l'univers de la philatélie:
négociants et grands collectionneurs.
On
utilisa alors un dessin de Mouchon qui avait reçu directement la commande
sans qu'on eut ouvert de concours (Certains parlent d'un concours restreint
entre des artistes choisis: le dessin primé serait d'Alphée Dubois, le même
que pour l'émission précédente. Mouchon aurait seulement gravé le timbre
dessiné par Dubois. En tout cas, c'est la signature de Mouchon, graveur
général de la Monnaie, qui figure sur le timbre, exactement sur la rame de
gauche).

Ce
dessin représente "deux femmes assises sur la proue d'un vaisseau et
représentant le Commerce et la Navigation faisant flotter sur les mers les
couleurs françaises". Entre elles, est un rectangle contenant la valeur
en chiffres. En haut du timbre, sur deux lignes "REPVBLIQVE FRANCAISE"
et "COLONIES POSTES".
En
bas, un cartouche réservé à l'impression du nom de la
Colonie. Pour la première fois, le nom de la Colonie figurera sur les
timbres, mais sera imprimé après le timbre lors d'une deuxième opération.
Cela
permit de tirer chaque valeur pour l'ensemble des territoires, puis d'imprimer
ensuite le nom de chaque pays dans le cartouche réservé à cet effet, les
deux opérations étant réalisées en typographie.
Ce
système, très avantageux, fut souvent utilisé par la suite.
Il
en résulta évidemment qu'une valeur donnée avait la même couleur dans
toutes les colonies, ces couleurs étant d'ailleurs les mêmes que que celles
des valeurs correspondantes au type "Sage" en cours en France en
1892.
Un
certain nombre de timbres ont été imprimés sur papier teinté: azuré (1 c.
et 50 c.),
paille ou jaune (2 c. - 35 c. - 75 c.), gris (4 c. et 5 F.), lilas (10 c.),
vert (20 c. et 45 c.), rose (25 c. et 2 F.) et quadrillé ( 25 c.).
Les
autres valeurs sont sur papier blanc. Pour les timbres avec
teinte de fond, l'impression fut donc faite en trois fois (le fond, le timbre
et enfin le nom du pays).
Le
nom du pays a été imprimé en plusieurs couleurs: rouge, carmin, rose ( 1
c., 5 c., 15 c., 25 c., 35 c., 45 c., 50 c. bistre, 75 c., 1 F. et 2 F.) et bleu
et bleu foncé (2 c., 4c., 10c., 20 c., 30 c., 40 c., 50c. rose et 5 F.).
Tous
les timbres au type "Groupe" sont dentelés 14 X 13 1/4
page
précédente
sommaire page suivante
|