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Les
émissions générales des colonies
L'avant
type "aigle" ou les précursseurs
Vers
1850, soit un an environ après le premier timbre français, l'avis du
ministre de la Marine est sans ambiguïté: "La France a ses timbres, les
colonies doivent alors avoir les leurs!"
Et
de joindre le geste à la parole, il fait envoyer entre 1851 et 1853 quelques
timbres français vers les Antilles (Martinique et Guadeloupe), la Guyane, la
Réunion et aux comptoirs des Indes.
La
tentative est peu concluante, l'utilisation des timbres étant sporadique.
Ils
s'agit des timbres type "Cérès" non dentelés émission de 1849 10
c. bistre, 25 c. bleu et 1 Fr. carmin.
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| 10 c. bistre |
25 c. bleu |
1 F. carmin |
Pour
information, des timbres type "Napoléon III" non lauré et non
dentelé émission de 1853 ont été officiellement envoyés en Cochinchine.
Il
y eut aussi quelques initiatives locales comme par exemple La Réunion
(Mayotte à cette époque est considéré comme une annexe de La Réunion)
Quelques
belles lettres et décret officialisant l'usage de ces vignettes
Type
"aigle"
En
dehors de cette première tentative, rien ne se passe jusqu'en 1957, année
durant laquelle il rappelle à toutes les administrations coloniales la
possibilité qu'elles ont de créer des timbres spéciaux.
Pas
de réaction.
L'année
suivante en, mai, il écrit au ministre des Finances pour lui demander
l'émission de ces timbres. Après diverses discussions sur la forme des
timbres (octogone) ou sur l'effigie (Napoléon III), Albert Barre, graveur
attitré du service de la Monnaie propose un timbre carré représentant un
aigle impérial "essorant" (en plein essor). De plus, afin de rendre
plus difficile les contrefaçons, il ajoute des ornements dans les angles.
Chaque
année verra désormais au moins un tirage général des Aigles pour toutes
les colonies et parfois un tirage supplémentaire si le besoin s'en fait
sentir.
Émis
le 1er juin 1859, les 10 c. bistre et 40 c. orange, le tirage de 1860 sera
envoyé en Martinique et Guadeloupe, Guyane, La Réunion,
Sénégal, Gorée, Inde Française et Saint Pierre et Miquelon.
Cette
même année, on commence à constituer des réserves en émettant davantage
de timbres que n'en demandent les colonies.
Entre
temps, autre péripétie, le ministre de la Marine, toujours à la
pointe du progrès, avait demandé une dentelure pour ses Aigles. Hulot,
adjoint au graveur général, chargé, à partir du poinçon original, de la
fabrication des planches et de l'impression des timbres, renâcle devant le surcroît
d'ouvrage (toute l'impression des Aigles a d'ailleurs donné lieu à une
petite guerre entre Hulot et l'administration). Il avance un argument
technique ( le format des Aigles se prêterait mal à une dentelure) et un
argument financier: c'est au ministère de la Marine de payer le surcoût. Le
premier est fallacieux, le second, hélas, fait mouche. Le pauvre ministre
dont les finances ne sont pas extensibles est obligé de revenir sur sa
demande: les Aigles ne seront jamais dentelés.
Les
aigles sont nés
10 c.
bistre
40 c.orange
216.360
exemplaires
181.080 exemplaires
en
doubles feuilles de 360 timbres
Le
9 avril 1862 sont émis les 1 c. vert olive et 5 c. vert
1 c. vert
olive
5 c. vert
Enfin
le 12 août 1865, c'est au tour du 20 c. bleu et 80 c. rose de faire leur
apparition.
20 c.
bleu
80 c. rose
Les
couleurs sont celles des timbres métropolitains à l'effigie de Napoléon III.
Ils seront utilisés officiellement dans les colonies jusqu'à la chute de
l'empire le 4 septembre 1871.
Le
dernier tirage des Aigles est terminé le 18 décembre 1869. on en a conservé
le décompte:
-
10 c., 270.000 exemplaires
-
40 c., 216.000 exemplaires
-
1 c., 180.000 exemplaires
-
5 c., 125.280 exemplaires
-
20 c., 538.920 exemplaires
-
80 c., 68.400 exemplaires
Le
tirage du 20 c. bleu, plus d'un demi million, explique que nous soient
parvenus autant d'exemplaires neufs, en blocs ou en fragments de feuilles.
Voir
tous les tirages du type "aigle"
Quelques
oblitérations intéressantes
L'occasion
de voir servir des Aigles se renouvela bien après les emplois tardifs que
l'on connaît. La Réunion avait accumulé des stocks de timbres hors service,
entre autres des 40 c. type Aigle, lorsqu'en 1885 les timbres courants à 5 c.
et 25 c. vinrent à manquer. Le gouverneur prit la décision de démonétiser
certains timbres et de les surcharger.
Des
Aigles furent donc surchargés à 5 C. tarif des imprimés, et 25 c. tarif de
la lettre pour l'étranger et de la taxe de recommandation (des types
Napoléon et Cérès furent surchargés par la même occasion).
Plus-value
mineure pour le 40 c. surchargé 25 c., mais bond en avant pour le même
surchargé 5 c. Cela s'explique par la rareté des affranchissements pour
imprimés conservés. Coup double, cette fameuse surcharge a pu être
renversée ou doublée.
Autres
variétés, le format carré des timbres a occasionné des dispositions
erronées: le tête-bêche, les timbres couchés ou perpendiculaires au
timbres en position normale.
Et
Mayotte dans tout cela ?
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oblitération MAYOTTE ET DEP * NOSSI-BE du 24 avril 1877
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Voici
un extrait du rapport fait au ministre de la Marine par la Direction des
Colonies en date du 14 mai 1858.
« Nos
trois Colonies près de Madagascar (Mayotte, Nossi-Bé et Ste Marie), ne
figurent pas dans le tableau ci-dessus. Les timbres-poste leur seraient
inutiles pour la correspondance intérieure, qui n'a évidement encore aucun développement
sérieux. Mais ils peuvent être très avantageux pour les Européens qui résident
dans ces îles, lorsqu'il s'agit de correspondance avec La Réunion, et par
cette Colonie avec la Métropole. Il n'en est pas de même de nos îles près
de Madagascar qui ne sont, à ce point de vue, que des annexes de La Réunion.
L'Administration de cette dernière Colonie devra donc leur fournir des
timbres-poste au prix nominal, comme elle le fera aux particuliers ».
Contrairement
à ce que l'on a pu croire, ces trois minuscules territoires ont donc
probablement utilisé des valeurs du 1er tirage par l'intermédiaire
de l'Administration postale de La Réunion. Quelles quantités ? Seules
les archives postales de la Réunion pourraient nous répondre.
Bien que
possession de la France depuis 1841, le service postal ne fut établi à Mayotte qu'en
1861-1862. Le premier bureau de poste était basé à Dzaoudzi-Labattoir et bien sur utilisait
les timbres "aigle" des colonies françaises à partir du 3ème
tirage du 17 octobre 1861
En se basant sur les dotations en timbres poste expédiées depuis la France,
le trafic postal à Mayotte peut être estimé à peine plus de 150
lettres par semaine entre 1861 et 1866.
Oblitérations
Sur
l'enveloppe on trouve un losange muet de 56 points, évidé au centre
(manquent 8 points), en noir ou en bleu, utilisé exclusivement à Mayotte
pour oblitérer les timbres jusqu'en 1876, le cachet à date de 23 mm
"MAYOTTE et dép. * MAYOTTE" du 2 AVRIL 1869, cercle intérieur
pointillé et le très rare cachet octogonal des correspondances militaires
"CORR. D'ARMEES * MAYOTTE"

Lettre
de Mayotte à destination de Saône et Loire - France
du
2 avril 1869
Ces timbres type
"aigle" furent utilisés à Mayotte pratiquement jusqu'en 1877 (fin des stocks ?)
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